On parle de nous

Par Marine Rambaud

 

Ce vigneron exploitant une micropropriété ne souhaite ni le mot château, ni clos, ni domaine

 

Dans son exploitation viticole baptisée Gabaram, Laurent Baraou développe une « vitiforesterie régénératrice sans énergie fossile et sans engin lourd, uniquement à dos d’homme ». Le vigneron, qui ne souhaite accoler à ses vignes ni le mot château, ni clos, ni domaine, travaille 2,7 hectares et quelques arbres et arbustes à Bégadan.

Laurent a passé des heures et des heures à référencer sur un logiciel chacun de ses 17 000 pieds de vignes en les classant par couleurs, par catégorie, du noir, le plus négatif, au vert signifiant la bonne santé du pied. Ce classement maniaque lui permet d’imaginer la production et le travail à venir.

Arpentant ses terres avec une pioche centenaire, Laurent Baraou se sent heureux en pleine campagne, à l’orée d’un bois. « Mes plus vieux pieds de vigne sont de 1958, et depuis tout est géré en complantation, environ 45 % de cabernet sauvignon, 45 % de merlot, 5 % de côt, et 5 % de divers cépages comme du carménère, petit verdot, cabernet franc, et quelques-uns mal identifiés voir peu identifiables que je qualifie parfois de mercôt », explique-t-il.

Pas d’énergie fossile

À Gabaram, tous les travaux sont menés à dos d’homme avec le moins possible d’énergie fossile : « Seuls les véhicules de trajet domicile-vigne sont dotés de moteurs thermiques ». Pas de tracteur, pas de tassement des sols, arrosage des plants à la main, comme tout le reste.

Sa gamme de vin se décline ainsi : le vin des copains, le vin des pros (cavistes et sommeliers) et le vin d’exception qui concerne un vin rouge et un blanc de noir.

Laurent Baraou est également auteur de plusieurs ouvrages et articles autour du vin, notamment « Le Guide de l’alter-vin » (avec Arnaud Septime), invitant à découvrir des viticulteurs respectueux des terroirs. Laurent est actuellement en conversion à l’agriculture biologique pour en obtenir la certification.